Chronologie des évènements
Remontons le temps…
De la naissance à ce jour
Et la situation AUJOURD’HUI ?
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Entre – 200 000 et – 13 000 ans
L’Artense a été recouverte de glaces mesurant jusqu’à 200 m d’épaisseur. En fondant, cette glace a laissé place à de nombreux lacs dont les moins profonds ont été envahis par la végétation. Au fil des ans beaucoup se sont transformés en tourbières et en zones humides .
Le lac de la Crégut avec 36 hectares et ses 2 fosses à 16 m et 25m est alimenté par l’eau venue de ses sources sous-lacustres, un petit bassin versant (2 km2) et quelques ruisseaux forestiers souvent à sec l’été. Sans l’apport de matériaux externe, le lac de la Crégut a très peu évolué durant ces millénaires ne pouvant se transformer en tourbière comme ses congénères. La présence humaine tardive et peu dense n’a pas affecté le lac.
1789
les paroisses d’Auvergne font appel aux députés des Etats Généraux pour améliorer les conditions de vie des habitants : «Cette paroisse, composée de 136 feux, est formée en son entier de rochers escarpés, ronces, épines, broussailles rabougries. Tous les pacages de cette paroisse de Trémouille-Marchal consistent dans un communal de mauvaise nature, nourrissant peu de bestiaux, faute de prairies. Sans appuis, sans protections, oubliés dans leur désert du reste de la nation, les habitants de ce lieu n’ont d’autre commerce que de fabriquer sabots et bacholles de vendanges, dont ils tirent pourtant un maigre profit. Tel est l’état de cette malheureuse paroisse, où la neige séjourne 6 à 7 mois de l’année, qui ne cueille qu’un peu de mauvais seigle et de blé noir pour pouvoir passer 2 à 3 mois de l’année». Le lac de la Crégut devient avec quelques hectares de bois la copropriété des habitants des 5 hameaux proches : la Bastide, la Crégut, Chaussidert, le Puech et Planchette.
1900
L’omble chevalier,(Salvelinus alpinus) salmonidé de grande profondeur de la souche du lac Léman, exigeant en oxygène dissous a été introduit en 1860 au lac Pavin, puis à la Godivelle, au Lac Chauvet, la Crégut …
Sa disparition est constatée par les pêcheurs dès les années 1980.
1939
Les «Etudes limnologiques sur les lacs Monts-Doriens» de M. Luc OLIVIER confirment la qualité exceptionnelle des eaux de la Crégut.
1942 à 1952
Construction du barrage de Bort les Orgues et de la dérivation de la Grande Rhue à partir du barrage de Voussaire.
1955
Les conseillers municipaux de Trémouille votent contre le projet de travaux visant à dériver les eaux des rivières Tarentaine et Eau Verte pour alimenter la retenue de Bort les Orgues.
La même année, à la demande du Conseiller Général le Docteur Cellier maire de Lanobre, le lac est inscrit à l’inventaire supplémentaire des sites et monuments pour son intérêt paysager en 1955.
A cette époque, nos grands parents y pêchaient dans ses eaux limpides et oxygénées l’omble chevalier, nouvellement introduit, la perche, quelques brochets et des fritures de vairons.
Le lac était classé comme « eau close » de 1ère catégorie piscicole.
1965
La DUP (Déclaration d’Utilité Publique) est signée par le Ministre de l’Industrie. Le lac de la Crégut est cité dans le projet d’équipement hydroélectrique « Haute-Tarentaine » mais sans expropriation, une canalisation (servitude d’aqueduc) doit être mise en place pour le traverser.
de 1965 à 1969
Les travaux de construction des retenues et des dérivations de la Haute Tarentaine pour alimenter l’usine d’Auzerette et la Grande Rhue à Voussaire sont réalisés sans que la servitude d’aqueduc soit mise en place.
de 1967 à 1969
Les études de Nicole Omaly, biologiste à Besse (63), menées sur le lac de la Crégut avant et pendant la mise en eau du Complexe confirme la déstabilisation de tout l’écosystème du lac suite au transfert de plus 1 million de m3 d’eau chargée de boues par an.
de 1970 à 1972
En dérivant sans autorisation les eaux directement dans le lac de la Crégut EDF s’est mis hors la loi. Les jugements rendus, suite au dépôt de plainte des sectionnaires, sont incohérents. La société EDF se voit autorisée « une servitude de transit » inconnue dans le droit français et est condamnée à dédommager les sectionnaires pour la perte de leur droit de pêche : 17 000 FRF (Smic horaire : 3,90 FRF en 1972).
1988
Les élus et les sectionnaires alertent la direction du PNRVA (Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne) de l’état des eaux du lac.
1992
Création de l’association de Sauvegarde du lac de la Crégut avec Mme Lucienne Serre comme présidente.
Elle n’ aura pas cessé, comme ses successeurs, de demander l’arrêt des déversements dans le lac de la Crégut, sa remise en état et sa protection pour les générations futures.
1994
EDF fait réaliser chaque année des études sur la retenue du Tact et le lac de la Crégut. Les résultats ne sont pas bons pour l’exploitant mais ne sont communiqués que 10 ans plus tard à l’association malgré les nombreuses relances.
1997
EDF entreprend les premiers curages des retenues sur les rivières Eau Verte et Tarentaine qui se renouvelleront tous les 3 / 4 ans.
Il faut attendre 2004 pour que se réunisse, autour du Préfet et à la demande d’EPIDOR, Etablissement public territorial du bassin de la Dordogne, et de Jean-Pierre SERRE, nouveau président de l’association, un groupe de Pilotage qui décide de faire effectuer une étude d’impact du transfert d’eau.
de 2005 à 2007
Le professeur Devaux et ses équipes de l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand analysent la qualité des eaux du lac, la CCSA, Communauté de Commune Sumène Artense, est nommée maître d’oeuvre.
2009
Le rapport final présenté à la mairie de Trémouille fait état d’un dysfonctionnement et de la perturbation de l’écosystème du lac. Les chiffres sont sans appel, c’est près de 550 T de boues qui sont stockées chaque année dans le lac de la Crégut. Le professeur Devaux envisage le contournement du lac de la Crégut comme le seul moyen de stopper son envasement.
Les plongeurs envoyés par le PNRVA, Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, pour faire un inventaire floristique du lac ont été gênés par une eau chargée en matière floconneuse et flottante rendant toutes études impossibles. Ils ont noté la présence importante d’anodontes prouvant la détérioration de la qualité de ses eaux.
La même année, le lac de la Crégut est déclassé en 2ème catégorie piscicole suite à des pêches d’inventaires réalisées par la Fédération de Pêche du Cantal. Fini les ombles chevaliers, place aux gardons et autres carpes.
2010
Le Sous-préfet de Mauriac demande à EDF de mettre fin au désordre et de proposer des solutions pour la restauration du lac.
L’entreprise minimise les résultats du professeur Devaux, Professeur à l’Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, et propose de refaire une étude plus poussée avec l’aide du bureau d’études Athos Environnement.
2013
Les solutions présentées en Sous-préfecture par EDF sont refusées par l’ensemble de l’assemblée.
Aucune proposition concernant le contournement du lac et aucun concernant le curage de la retenue du Tact alors que la pollution quotidienne du lac de la Crégut par plus d’1 tonne de boue perdure.
2014
Le complexe hydroélectrique de la Haute Dordogne situé sur 3 départements et 2 régions administratives rend difficile la recherche de responsables administratifs en charge d’imposer à EDF le respect de la loi.
Les membres de l’Association de Sauvegarde du lac de la Crégut soutenus par la mairie font appel à un avocat clermontois qui dépose plainte auprès du Procureur de la République d’Aurillac pour pollution au titre des articles L-216 et L-432 du code de l’environnement.
2015
Léo Chassiot, Professeur en biologie, estime dans sa thèse que le lac de la Crégut stockerait plus 21 000 T de sédiments. L’analyse des carottages et des mesures effectuées démontrent sans ambages l’impact catastrophique de l’exploitation par EDF du complexe de la Haute Tarentaine sur le lac de La Crégut.
2018
Un rapport demandé à l’OFB. Office Français de la Biodiversité, confirme que cette situation n’aurait jamais du advenir si la servitude d’aqueduc souterraine imposée par la réglementation avant la parution du décret de concession avait été respectée par EDF.
2019
Le Procureur de la République ne tient pas compte du dossier présenté. Il classe « sans suite » notre dépôt de plainte estimant que près de 20 000 tonnes de boues ne sont pas suffisant au regard des textes de loi.
La même année, EDF remet son rapport de fin de concession à la DREAL, Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, on peut y lire qu’en été le taux d’oxygène dissous dans l’eau rend toute vie piscicole impossible dès 3 à 4 m de profondeur.
2021
Bien conscient de la gestion désastreuse de son exploitation, EDF souhaite engager des travaux sur la retenue du Tact. Elle confie à la DREAL l’organisation d’un nouveau Comité de Pilotage et invite l’association à participer au côté de la Sous-préfecture, du PNRVA, d’EPIDOR et de la CCSA.
2022
Le bureau de l’association alerte par de nombreux courriers avec avis de réception l’ensemble des acteurs du dossier d’un «dépôt sauvage illégal» dans le lac, courriers restés sans réponse.
2023
La mise à sec pour travaux de la retenue du Tact durant l’été permet de constater l’envasement total de l’ancienne tourbière. Il est évident qu’elle ne peut plus jouer son rôle de décanteur, pire, sur ses berges mises à sec ont poussé des hectares de Renoué Persicaire, plante classée EEE : Espèce Exotique Envahissante. Après avoir été ennoyées lors de la remise en eau, elles ont dérivé apportant le risque d’ensemencer le lac naturel de la Crégut ainsi que les autres retenues à l’aval.
L’association avait souhaité que soit mis en place un barrage filtrant à l’aval de la retenue du Tact et que la retenue soit curée. La même année, l’association pose un ultimatum aux dirigeants d’EDF pour qu’il s’engage à mettre fin au déversement dans le lac de la Crégut et que soit restauré le lac dans son état originel.
Le manque d’argent, le coût des travaux seront mis en avant par l’entreprise lors de l’échec de la conciliation en novembre devant le tribunal d’Aurillac.
Pourtant l’argent public coule à flot ! EDF souhaitant améliorer son image, arrose financièrement bons nombres d’associations ou de collectivités, sans parler des JO de Paris où des millions d’Euros en publicité et sponsoring vont être investis.
2024
Les membres de l’Association de Sauvegarde du lac de la Crégut, lassés des jérémiades de l’exploitant et de l’incapacité de l’administration à faire respecter la loi, mandatent le cabinet d’avocats parisiens Christian Huglo / Corinne Lepage pour exiger par voie judiciaire que l’exploitant cesse le déversement de polluants et remette en l’état d’origine le lac de la Crégut et réintroduise faune et flore .
Un courrier est envoyé aux préfets du Cantal et de la Corrèze leur demandant de faire cesser les déversements polluants réalisés par EDF, locataire de l’État.
Sans réponse dans le temps imparti, une requête en annulation de leurs décisions a été portée au mois de juin par Me Lepage devant les tribunaux administratifs de Limoges et de Clermont-Ferrand.
Dans l’échange de courriers (mémoires) entre les 2 parties, nous avons insisté sur la dégradation que subit le lac au quotidien, malgré les promesses de l’exploitant.
C’est directement du cabinet d’avocats Lacourte Raquin Tatar travaillant pour la société EDF que nous recevrons un mémoire en défense pour le préfet de la Corrèze.
2025
En juillet, nous avons eu le plaisir d’accueillir au bord du lac en petit comité, les préfets du Cantal et de la Corrèze nouvellement nommé. Accompagné des s/préfets de Mauriac et d’Usuel, ils ont bien compris l’enjeu de sauver le lac et ils attendront la décision de justice pour éventuellement nous aider.
De nouvelles pièces accablantes pour les dirigeants d’EDF sont découvertes prouvant, une nouvelle fois, le passage en force de hydraulicien en 1970 et la dégradation des eaux de lac confirmé par l’Administration.
Malgré les promesses faites, le bureau de l’association refuse de signer la nouvelle convention Artense dont le seul but était permettre à l’exploitant de gagner du temps en faisant réaliser des travaux dispendieux et sans réel effet pour limiter la pollution du lac.
2026
Une 1ère audience a lieu en janvier au tribunal administratif de Limoges.
Le rapporteur public décide de transférer notre dossier au tribunal administratif de Clermont-Ferrand. La date de l’audience est attendue.
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